Stage / collaboration: "Présence: La plongée dans l'instant"

Stage adressé aux comédiens amateurs et professionnels

Le paradoxe de l'interprète

 
Nous le savons, être en scène active en nous et autour de nous, une circulation d'énergie particulière. Elle se conjugue au travail de notre art et nourrit la part magique qui nous échappe, celle qui fait de nous des passeurs d'instants.
 
Mais alors même que le fait d'occuper une place centrale sur un plateau semble nous inviter à vivre un vertige créateur essentiel, la plupart des techniques d'expression qui forgent nos pratiques respectives nous conduisent hors du royaume de l'ici-et-maintenant.
 
C'est que bien souvent, il nous «faut» assurer un résultat, garantir une performance, produire du sens préétabli, reproduire des formes répétées, obéir à de multiples demandes conscientes et inconscientes.
 
Sans même parler des peurs propres à nos égos d'artistes, ces préoccupations seules suffisent parfois à nous chasser de nous-mêmes et nous font perdre le simple plaisir d'être là, ne nous laissant plus vivre ce vertige créateur qui nous était pourtant offert.
 
Alors la tentation de devenir un bon produit consommable est énorme et, dès lors, l'imprévu, le vivant devient même notre ennemi. C'est comme si ce supplément d'âme qui nous a toujours attiré dans les arts de la scène devenait la chose dont il fallait se protéger. 
 
Absurde. D'autant plus qu'il y a fort à parier qu'à l'époque de la plus grande accessibilité des oeuvres enregistrées, ce qui attire encore les spectateurs dans nos salles où est sensé s'opérer un art vivant, est précisément ce qui nous échappe dans l'instant d'une présence partagée avec le public.
 

Le Contrôle et La Maîtrise

 
Nos contraintes esthétiques, techniques d'expression, pressions liées à la production.. sont bien là, elles nécessitent une indispensable part de notre attention consciente, une pratique assidue et une assimilation maximale.
 
Mais vouloir les contrôler, c'est vouloir y répondre par avance, c'est offrir à nos peurs une part bien trop grande, s'en prémunir et se positionner à l'extérieur du jeu. C'est risquer qu'elles nous contrôlent... et cela revient finalement à s'absenter de la scène.
 
Les maîtriser, c'est les accueillir en confiance à l'intérieur de notre chimie de jeu, vivre le bouillonnant questionnement qu'elles engendrent, nourrissant même notre qualité de présence.
 

Le Jeu et le Je

 
Nous commençons nos parcours artistiques mus par un désir d'apprendre à jouer. Mais, au fait, est-il possible de ne pas jouer ? Existe-t-il un lieu de nous-mêmes qui ne serait pas jeu ? Qui est ce « je » qui joue, et à quoi joue-t-il ? 
 
Le mouvement intérieur qu'induit cette question constitue la base même du travail que je vous propose. La scène est probablement un des derniers espaces de liberté où cette question peut se vivre pleinement et concrètement. 
 
Pouvoir rencontrer, cultiver ce vertige à l'aide d'une série d'exercices pratiques, dans un espace conventionné, avec un groupe d'artisans exigeants et généreux.. afin de réveiller et d'ancrer le plus profondément en nous cette capacité à capter la vie ; capacité qui nous rend présent à nous-mêmes et aux autres et disponible aux oeuvres qui nous traversent. 
 

Des outils

 
Il ne s'agit pas d'acquérir de nouvelles facultés, mais de vivre les expériences qui nous rappellent ces dons qui nous habitent déjà. Voici quelques sollicitations qui vous seront proposées.
 
- Une préparation physique sensible constituée d'un échauffement articulé en trois phases.
- La pratique du mouvement scénique développé par Barba, Laban, Droznin... et que je questionne depuis plus de 20 ans.
- Un exercice de volontaire désorientation spatiale créant les circonstances idéales pour développer la confiance en nos capacités involontaires, au lâcher prise, et à des sensibilités retrouvées.
- La pratique du cercle de présence. Outil hérité du chamanisme ancien, adopté par les artisans du cirque, puis ceux de la commedia sous le nom de cercle neutre, développé par Thierry Salmon... et que je pratique également depuis plus de 20 ans.
 

Afin de :

 
Développer une écoute intérieure, habiter son corps, inviter la sensation, vivre et laisser vivre l'émotion de l'instant, capter l'espace et ses flux, libérer les résistances expressives, accueillir le regard et l'attente de l'autre, et de soi. Développer la meilleure qualité d'être possible, ici et maintenant.
Une prestation en début et en fin de stage nous permettra d'évaluer nous-mêmes la place de ce travail dans notre pratique.
 

Niveau

 
L'âge minimum requis serait celui de la majorité. Pas de limite maximum d'âge en cette matière.
 
Avoir une expérience pratique de la scène, dans n'importe quelle discipline... et une implication dans le monde de l'interprétation. (Comédien, chanteur, danseur, mime, musicien...)
 
Une très bonne condition physique n'est pas indispensable. Mais les capacités d'écoute et d'observation sont déterminantes.
Arriver au stage avec une prestation de 3 minutes environ, choisie parmi celles qui vous tiennent particulièrement à coeur et qui vous apparaît comme difficile à vivre pleinement.
Il s'agit d'une prestation connue de vous et déjà pratiquée avant le stage !

Matériel

 
pporter avec vous les éléments indispensables à cette prestation. Si un partenaire est nécessaire, soit il participe avec vous au stage, soit vous devez pouvoir facilement et rapidement diriger un des participants à la jouer avec vous.
Amener au moins une tenue souple, sobre et sans marque apparente. Un foulard permettant de s'aveugler (ou un masque d'avion).
Amener une couverture légère.
Attention, les pratiques se feront pieds nus.
Infos
Joindre une lettre de motivation et un CV. Ces demandes seront soumises aux professeurs pour sélection des candidatures. Confirmation de l'inscription au plus tard un mois avant le début du stage.
 
P.Brüll
 
Prix stage 255 €
Prix pension 205 €
 

Date : du 24 au 31 juillet 2016

Lieu : Neufchâteau

Professeurs : Patrick Brüll et Amélie Simon

Organisation et inscription : Royale Académie Internationale d'été de Wallonie (AKDT)