La Thérapie Brève du Trauma: un point de vue hypnotique sur les séquelles d’abus sexuels

 

Résumé : Le contexte particulier des abus sexuels augmente majoritairement les symptômes post-traumatiques habituellement rencontrés dans la clinique. Cet état de fait appuie le besoin essentiel de soigner les patients qui souffrent de leur propre histoire dans un contexte sécuritaire et cadrant, avec des outils adaptés à cette problématique spécifique. La Thérapie Brève du Trauma (TBT) est un outil de psychothérapie intégratif combinant hypnose conversationnelle et thérapie brève. Il permet de soigner les troubles émotionnels tels que les psychotraumatismes grâce à certains principes directeurs qui protègent le patient en respectant sa liberté. Le présent article vise à décrire la formation des principaux symptômes post-traumatiques dans les cas spécifiques d’abus sexuels et leur évolution dans le cadre de sessions psychothérapeutiques en TBT en l’illustrant par de brefs exemples issus de cas cliniques.

Abstract: The specific context of sexual abuses strongly increases the usual post-traumatic symptoms met in psychotraumatology. This fact supports the needs for treating patients who are suffering from their own story in a safe and framed environment, using specifically tailored tools. Brief Trauma Therapy (BTT) is an integrated tool for psychotherapy that combines conversational hypnosis and brief therapy. It allows to treat emotional affections like psychological traumas using guidelines that protect the patient's integrity and respect his freedom. This article describes the development of the main post-traumatic symptoms in sexual abuses and their evolution within BTT therapy sessions. This will be illustrated by brief examples from our clinical work.

 

Séquelles physiques et fonctionnelles des abus sexuels … dans le contexte d’un état hypnotique péritraumatique

 

Ce que l’on nomme “psychotraumatisme” peut aussi bien concerner des événements traumatiques isolés (accident, viol, tremblement de terre) que des événements plus complexes (abus sexuels et physiques à répétition, harcèlement, violence conjugale, etc.) (1). Lorsqu’a lieu un événement potentiellement traumatisant (tout événement n’étant pas, en lui-même, un trauma), la réaction du sujet à celui-ci lui confère son caractère “traumatique” pour cet individu. En effet, d’après van der Kolk & McFarlane (2), la signification de l’expérience génère en elle-même le psychotraumatisme. Le psychisme du sujet ne parvenant à intégrer l’événement dans la continuité de sa ligne du temps personnelle, il est constamment rejoué au sein d’images, de sensations, d’états physiologiques spécifiques, de comportements et de relations. C’est comme si la victime était “bloquée dans le passé”, au moment de l’événement. Au cours de ce dernier, le corps fabrique automatiquement un état hypnotique (dissocié) de figement qui peut perdurer ou se transformer en symptômes incapacitants dans la suite de la vie (3). La mémoire de l’événement n’est effectivement pas unifiée ni acceptée comme faisant partie du passé, mais se dissocie de la mémoire “normale”. Avec le temps, si l’événement n’est pas réintégré et assimilé comme appartenant au passé, les sensations et émotions se mettent à vivre comme de manière indépendante (dissociée) (2). 

 

Afin que l’événement puisse être intégré au sein de la ligne du temps personnelle du patient, le protocole “Thérapie Brève du Trauma” considère certaines étapes comme essentielles dans le traitement, en tenant compte des aspects les plus douloureux des troubles post-traumatiques: 

  • un questionnement cadré et sécurisant sur les traumas dont les possibles abus sexuels 
  • la restauration d’une sensation de sécurité chez le patient, 
  • la protection contre la peur de revivre le trauma en séance, 
  • la restauration d’une maitrise sur des réactions biophysiologiques, 
  • l’adoption une nouvelle perspective sur les événements du passé, 
  • une progression lente dans les contenus traumatiques, 
  • l’importance de l’action hypnotique active et adaptative pour sortir du figement traumatique, 
  • l’utilisation des dissociations en tant que protections, 
  • la restauration de comportements adéquats et de connections sociales sécurisantes. 

La description du protocole de base de la TBT fait l’objet d’un précédent article de l’auteur (3).

 

1. Altération du traitement mnésique et réintégration du souvenir dans la continuité biographique du patient

 

Schématiquement, le système limbique (notamment l’hippocampe et l’amygdale) régule la localisation des souvenirs dans les aires frontales (dédiées au fonctionnement “normal” de la mémoire et incluant l’aire du langage) et/ou motrices et sensorielles du cerveau (dédiées à la mémoire “traumatique”, incluant les aires visuelles et émotionnelles). Le premier mode de récupération des souvenirs (mémoire normale) permet à l’individu de retrouver les souvenirs sous forme d’une histoire à raconter. Dans le second mode de récupération (mémoire traumatique), un message provenant de l’amygdale bloque le fonctionnement normal de l’hippocampe, créant des flashbacks et d’autres symptômes (4,5,6) ainsi qu’une altération du processus de récupération normale des souvenirs (7). Les souvenirs intrusifs et les cauchemars peuvent donc être considérés comme fonctionnels en ce qu’ils tentent de modifier les émotions associées afin de tolérer le contenu mnésique (8) et de l’intégrer dans l’ensemble des souvenirs de la personne.

Les processus mnésiques sont a fortiori perturbés dans les cas d’abus sexuel précoces (9) et concernent souvent des amnésies sévères, la sévérité de celles-ci semblant liée à la violence (10) et à la durée des abus (11). Cet aspect souligne la fonctionnalité des  phénomènes dissociatifs (dont l’amnésie) face aux événements traumatiques, celle-ci permettant un fonctionnement relativement adaptatif durant événement (10).

 

Lors de l’anamnèse, le praticien en TBT va tenter de décrypter le langage verbal et corporel du patient lorsqu’il évoque les événements potentiellement traumatiques. Par exemple, le patient a-t-il le regard fuyant, comme “attiré par sa mémoire”, raconte -t-il l’événement “comme dans un film, comme s’il était arrivé à quelqu’un d’autre”, son corps est-il figé ou subit-il un état émotionnel difficilement tolérable ? Ou au contraire raconte-t-il ce qu’il lui est arrivé dans la suite logique de son histoire, sur le même ton et sans débordement affectif ? Ce qui marque en effet la description de l’événement non traumatique ou la sortie du trauma est précisément la capacité de verbaliser l’événement et de le caractériser comme appartenant au passé, intégré au sein de l’histoire du sujet. Dans le cadre thérapeutique, cela passe nécessairement par un traitement émotionnel puis cognitif (12) des souvenirs. Dès lors, l’amnésie étant très liée aux expériences abusives violentes, il semble utile que les cliniciens gardent à l’esprit qu’une personne peut souffrir de séquelles d’abus sexuels sans nécessairement s’en rappeler.

Un souvenir qui ressurgit à la mémoire du patient est considéré, dans notre clinique, comme un bon indice de la qualité du travail thérapeutique entamé. En effet, l’inconscient du patient se sentant protégé, les contenus amnésiés (contenant souvent le plus gros de la violence émotionnelle) peuvent revenir à la surface et être travaillés en séance. Par exemple, Véronique est en thérapie parce qu’elle souffre d’insomnies et de fatigue chronique. Ces symptômes se révèlent au fur et à mesure du travail comme résultants d’un passé traumatique complexe dans le cadre familial, et s’apaisent progressivement. À la huitième séance, elle “tombe” littéralement en hypnose sur des souvenirs traumatiques datant de sa prime enfance qu’elle avait oublié (amnésiés) depuis une cinquantaine d’années. Si l’émotion du moment est évidemment importante, Véronique peut, grâce aux différentes techniques employées, réintégrer ces événements douloureux dans son histoire, comme s’ils “mettaient du sens”, nous dit-elle. À la dixième séance, Véronique nous relate qu’elle a pu, pour la première fois, expliquer son parcours de vie à son mari (qu’elle connait depuis 30 ans) sans être débordée émotionnellement et avec une logique qui la surprend elle-même.

 

2.  Altération du traitement de l’information et (dé-)conditionnement

 

Le trauma est intimement lié à la dissociation et aux somatisations (13,14), phénomènes qui signent une difficulté de traitement de l’information chez le patient. Des émotions fortes et des réexpérimentations somato-sensorielles apparaissent surtout lorsque la victime est confrontée à des indices (informations neutres au départ) rappelant le contexte ou l’événement traumatique en lui-même (15). Les victimes continuent d’y répondre comme si la menace était encore présente, soit par une hyperréactivité (hypervigilance, troubles de l’attention, anxiété, troubles du sommeil, cauchemars, flashbacks, colère et peur, perceptions somatiques, etc.), soit par un état de figement (16). Par exemple, un psychotrauma (réel ou rappelé durant une psychothérapie) peut activer un autre souvenir traumatique avec tous ses aspects perceptuels. Parfois, des interférences apparaissent également quand le sujet est confronté à des indices rappelant l’événement dans sa vie de tous les jours, menant à des perceptions biaisées de sa réalité et à des comportements orientés par le psychotrauma (4, 7, 17), comme évoqué dans le paragraphe suivant.

Les victimes de traumas sexuels montrent des résultats significativement plus élevés sur l’échelle des expériences dissociatives (DES), une fréquence plus élevée de cauchemars et des cauchemars plus anxiogènes que la population normale. Les meilleurs prédicteurs de la dissociation seraient la perte familiale dans l’enfance et les abus sexuels extra- et intrafamiliaux (18).

 

La plupart du temps, lorsque nous souffrons, nous essayons de nous focaliser sur autre chose, de “ ne pas y penser”… ce qui, paradoxalement, ne nous fait qu’y penser encore plus (la tentative de solution n’aboutissant qu’à un surplus de douleur, le corps réclamant que l’on s’occupe de la gêne). Dans le protocole TBT, nous proposons au patient de se focaliser sur sa douleur afin de pouvoir la “visiter” et découvrir ses racines émotionnelles éventuelles. Dans ce cas, même si la douleur augmente, le patient est pris dans un double lien thérapeutique: il réalise qu’il peut avoir le contrôle sur cette douleur auparavant incontrôlable (19). Par exemple, Anita souffre de migraines importantes depuis plusieurs années. Elle nous téléphone avant le rendez-vous, au beau milieu d’une crise migraineuse, en s’excusant de ne pouvoir s’y rendre. Nous lui proposons de maintenir le rendez-vous et de profiter de cette dissociation autonome (psychosomatique) pour travailler en TBT. Anita “explore sa migraine” durant la séance hypnotique et nous lui proposons de sentir l’émotion associée à (cachée par) sa migraine… de la tristesse et de la peur, nous dit-elle. Remontant le “fil rouge émotionnel” de la tristesse et de la peur, Anita se rend compte qu’elle a ces maux de tête depuis le décès de son père, seule personne qui l’a autrefois protégée d’un ex-mari abusif et abuseur. En hypnose, Anita parvient à “retrouver son père”, à lui parler, et à remettre l’ex-mari à sa place (dans son imaginaire). La migraine disparait suite à cette séance. Le symptôme n’est pas revenu jusqu’à la fin de la psychothérapie. 

Le sujet traumatisé se dissocie au départ (par le biais d’une dépersonnalisation, d’anesthésies émotionnelles et physiques, etc.) pour se protéger d’une angoisse de mort accompagnant l’événement traumatique (4), ces dissociations se transforment ensuite en symptômes invalidants dans la vie post-traumatique (20). Dès lors, il est proposé qu’au sein même de la thérapie, ces dissociations soient redéveloppées pour protéger le patient du retour du trauma, permettant qu’elles deviennent disponibles au besoin et non déclenchées involontairement (21). Par exemple, Gabrielle a subi des viols à répétition dans son enfance et son adolescence, par son grand-père d’une part, par une bande de jeunes de son quartier ensuite. Elle est arrivée en consultation très dissociée… et une thérapie censée être brève a duré deux années. Au cours des séances, en hypnose, Gabrielle peut se voir à nouveau “comme au-dessus d’elle-même”, elle se voit également petite, elle réussit à récréer une anesthésie corporelle des sensations vécues alors, à laisser certaines parties de trauma amnésiées lorsqu’il est trop tôt pour y travailler… Cette patiente a donc réussi à réutiliser en thérapie les phénomènes de dissociation connus et développés par son propre corps pour la protéger lors du trauma. Ces protections réutilisées permettent paradoxalement une réassociation possible alors que les événements traumatiques s’intègrent de plus en plus dans son histoire personnelle.

Les souvenirs traumatiques intrusifs (flashbacks, cauchemars, etc.) sont en réalité de brefs fragments sensoriels de l’expérience traumatique (22), dans les 5 modalités sensorielles. Durant les sessions de TBT, le clinicien et le patient vont, ensemble, transformer les images, sensations, sons, odeurs, gouts, sensations kinesthésiques et proprioceptives issues des réexpérimentations traumatiques. Le cadre de référence de ces transformations sera toujours la vision du monde du patient et ses centres d’intérêt actuels et passés. Par exemple, le violeur sera transformé en “Ken”, la chambre sera transformée en chambre de maison de poupée, les murs repeints, l’odeur de sperme transformée en odeur de chocolat… Les inductions et suggestions personnalisées en hypnose étant toujours bien plus acceptées par le patient que des analogies rhétoriques (23).

 

3. Altérations émotionnelles et cognitives et (dé-)culpabilisation

 

Les patients souffrant d’un psychotraumatisme souffrent également de troubles de l’humeur et du caractère (24), d’alexythymie (25), et de culpabilité (26). La honte est également fréquemment associée aux troubles post-traumatiques (26).

Les cognitions négatives sur soi sont spécifiquement présentes lorsqu’il s’agit d’un trauma sexuel (27), notamment la honte et l’auto-accusation qui seraient plus importantes lorsqu’il y a eu une revictimisation chez le patient (28).

 

Au sein des sessions de TBT, le patient identifie et modifie l’aspect émotionnel associé aux événements. Le thérapeute questionne finement le ressenti corporel et émotionnel du patient afin de reconnaitre et de normaliser des émotions ressenties et leur nature humaine, et lui propose de passer par l’action pour sortir de la position passive face au trauma. Par exemple, Sarah exprime une douleur vive dans la poitrine lorsque l’on aborde en hypnose la désensibilisation d’événements traumatiques pour elle. Elle l’exprime comme étant de la tristesse (face à une visualisation d’elle-même enfant, à l’âge auquel elle a été abusée). Le praticien lui propose alors de “ne pas faire comme si cette tristesse n’était pas là” (reconnaissance), ratifie simplement que c’est effectivement bien triste de voir cet enfant avant elle dans de telles circonstances (normalisation), et lui demande ce qu’elle souhaite faire ou dire pour cette petite fille. Sarah désire la prendre dans ses bras et la consoler (sortie du figement traumatique par l’action), ce qu’elle fait dans son imaginaire avant d’inspirer et d’expirer de manière très sonore, ce qui, dit-elle, ressemble intérieurement à du soulagement…

Une étape primordiale dans le processus de traitement est la vérification du changement cognitif face au trauma en fin de thérapie. Par exemple, après avoir désensibilisé une série d’abus sexuels perpétrés par le grand-père de Marie, le praticien lui demande, alors qu’elle visualise la petite fille qu’elle a été alors, si elle est responsable de ce qu’il lui est arrivé, si, comme elle le pense, elle aurait pu y échapper et refuser… Il n’est pas rare que le patient éprouve alors pour la première fois une sensation de soulagement intense liée à la réalisation de non-culpabilité dans l’événement douloureux.

 

4. Altérations comportementales et restauration d’attitudes fonctionnelles

 

Dans la suite des dysfonctionnements identifiés plus haut, les patients traumatisés ont également des problèmes attentionnels et évitent les stimuli neutres associés d’après eux à l’expérience traumatique. Leurs mécanismes de défense sont en outre altérés, l’image de soi et du monde ayant changé comme si “rien ne pouvait plus être comme avant”. Cette myriade de symptômes les empêche de réagir de manière fonctionnelle dans le quotidien (29,30).

Une étude de Filipas et Ullman (28) sur un échantillon de 577 collégiennes révèle par exemple que les individus qui ont été abusés sexuellement ont plus de symptômes post-traumatiques, abusent davantage de drogues et d’alcool, ont plus de passage à l’acte sexuel, restent plutôt en retrait des autres et recherchent davantage d’assistance psychologique. En outre, ils sont aux prises avec des réexpositions compulsives qui concernent le fait d’agresser l’entourage, de s’automutiler ou d’être revictimisé (31) et de souffrir d’impuissance acquise (menant à des comportements de soumission et à une propension aux relations abusives) (32).

Une étude de Saxe et ses collègues (33) rapporte que 15 % des patients psychiatrisés auraient une histoire de vie traumatique.

 

Suite aux modifications émotionnelles et cognitives explicitées plus haut, il est étonnant de voir à quel point, naturellement souvent, les comportements et stratégies cognitives 

dysfonctionnelles peuvent être abandonnés par les patients. Souvent, le fait d’avoir modifié/terminé le pattern d’actions initié durant le trauma (et bloqué par le figement péritraumatique) (34) lors des sessions thérapeutiques permet de modifier les comportements inadéquats dans la vie quotidienne. Par exemple, Johanna, 17 ans, a été agressée physiquement dans le métro il y a quelques semaines. Depuis lors, elle est “imbuvable à la maison, elle en veut à tout le monde et pique de grosses crises de colère”, nous dit sa maman. Après la troisième séance, Johanna a pu “casser la figure” à son agresseur et lui dire tout le bien qu’elle en pensait en état hypnotique. Sa maman nous téléphone après quelques jours: partant en vacances, elles n’ont pas l’occasion de venir à la prochaine séance. La maman nous rappellera… au besoin, car, dit-elle, elle a enfin retrouvé sa fille, adolescente donc tumultueuse, mais dont les colères ne sont plus excessives en regard des situations vécues.

 

Conclusions

 

La nature dissociative des réactions corporelles et psychiques lors de l’événement traumatique, a fortiori dans les cas de traumas sexuels, fait de l’hypnose éricksonienne un outil de choix pour leur traitement (35). La Thérapie Brève du Trauma propose d’une part de profiter de ces dissociations pour les réutiliser en tant que protections, et d’autre part de suivre de manière individualisée le parcours hypnotique du patient afin que les modifications sensorielles, émotionnelles, cognitives et comportementales soient plus adaptées à la perspective actuelle de l’événement, délestée des aspects “émotionnellement encombrants”. L’objectif est en effet que le patient puisse intégrer les abus sexuels et autres événements potentiellement traumatiques comme étant “du passé”: partie intégrée de son histoire, mais aujourd’hui terminés, et ayant le moins d’impact possible sur son fonctionnement quotidien. Nous sommes intimement convaincus que le patient possède en lui-même les ressources pour ne plus souffrir de son histoire. À nous, cliniciens, de permettre au patient de les découvrir et de les utiliser à bon escient.

 

Recommandations pratiques

 

À l’approche des traumas sexuels, il s’agit de montrer aux patients que nous connaissons les processus dissociatifs en jeu, afin de renforcer l’alliance thérapeutique par une compréhension plus fine de leur vécu.

Recadrer les symptômes comme étant les signes d’un trouble post-traumatique et les valoriser en tant que protections contre les affres du passé permet au patient de mieux comprendre son propre fonctionnement.

La TBT peut être apprise en un temps relativement court, mais nécessite une formation. Étant donné les écueils possibles avec les patients traumatisés, nous ne conseillons pas aux praticiens non formés à l’approche de tenter ce type de session suite à la simple lecture de nos articles.

 

 

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