Pratique

 

Maitriser l’hypnose conversationnelle au sein d’une thérapie psycho-corporelle.

 

La TBT est avant tout une thérapie psycho-corporelle. Pour désensibiliser les émotions et les pensées des patients face à certains éléments de leur histoire, il est en effet essentiel de s'intéresser à leur corps. L'expérience traumatique s’est effectivement inscrite corporellement au sein d’un Etat Modifié de Conscience (EMC ou état hypnotique) négatif et automatiquement activé lors de l’événement. Pour diminuer/éliminer les symptômes (comportementaux, somatiques, viscéraux, relationnels…) qui leur font suite, il est nécessaire de s’intéresser à la création de ceux-ci en tant que protections (dissociatives) contre l’horreur du trauma.

 

L’utilisation d’un EMC (état hypnotique) positif et protecteur en séance est dès lors un ingrédient essentiel pour soigner le trauma et modifier ainsi les sensations et les émotions négatives liées aux images, aux sons, aux impressions, etc. qui rappellent l’événement. Au sein des séances, thérapeute et patient collaborent dans cet objectif, le praticien étant informé à tout instant de l’évolution du travail et du vécu du patient via des feedbacks continuels permettant de baliser le chemin thérapeutique.

 

Inspirée des travaux de M.H. Erickson, de Kay Thompson et de B. Van der Kolk, la Thérapie Brève du Trauma pratique l’hypnose de manière conversationnelle et active. Le sujet n’est pas endormi, « passif » ou « absent ». Au contraire, avec l’aide du praticien, il reprend le contrôle sur ses symptômes physiques (souvent régulés par le système nerveux autonome) ainsi que sur les images qui l’envahissent et les émotions associées. Les flashbacks, les cauchemars, la perte d’estime de soi, la dépression, certains symptômes et maladies psychosomatiques, certains troubles du comportement qui en sont la conséquence actuelle sont ainsi éliminés par le patient lui-même avec l’aide (en moyenne 6 à 7 séances sont suffisantes) et il a été démontré que cette amélioration perdure à moyen et à long terme.

Amélie Simon