Bonjour à toutes et à tous,
 
    Je m’appelle Peeter (nom d’emprunt) et j’ai la petite quarantaine.  En novembre 2014, je me décidais d’entreprendre un travail psychothérapeutique chez LA SPÉCIALISTE en Thérapie Brève du Trauma. A l’époque, j’étais en thérapie de couple chez une psychothérapeute-sexologue réputée (et médiatisée) qui, dans l’évolution du travail de couple, s’est à un moment intéressée à mon passé personnel (car jusqu’alors, et c’est normal, nous nous intéressions à la dynamique de couple).
A l’issue de mon récit, consciente probablement des limites de son intervention (ce qui est une démonstration parfaite de son éthique et de sa vision intégrative),  elle m’a suggérer de prendre contact avec Amélie Simon.
 
C’est ainsi que l’aventure a commencé, un 17 novembre 2014.
 
J’arrivais avec un certain « bagage » et nous avons, rapidement, identifié trois difficultés potentiellement traumatiques. Après les avoir identifiées, Amélie m’a suggéré de prioriser les interventions en commençant du moins douloureux pour aller vers ce qui me plongeait le plus dans la souffrance.
 
La thérapeute se trouvait ainsi confrontée à ce que le jargon psy qualifie de « trauma complexe ».
Les évènements remontaient à l’enfance avec présence de violence intrafamiliale, pression morale, dénigrement, etc. Sur ce tableau, venait s’ajouter le suicide de ma maman, lorsque j’avais 15 ans, auquel j’avais été violemment confronté puisque c’est moi qui l’avais découverte, dépendue et avait assisté à l’intervention, vaine, des services de secours. A l’époque, les services d’aide aux victimes n’existaient pas et les policiers étaient bien loin de disposer d’un modèle d’approche adéquat (je vous laisse donc imaginer l’interrogatoire auquel j’ai été soumis, juste après l’annonce du décès !). Pour couronner l’ensemble, mon papa a été agressé en rue et n’est pas ressorti vivant de l’hôpital, tout en n’ayant jamais récupéré ses facultés cérébrales durant les deux mois d’hospitalisation (j’allais avoir 30 ans lors des faits).
Je passe bien évidemment un tas de détails pour ne pas alourdir ce témoignage mais il me semblait utile de dresser un bref aperçu de la situation pour pouvoir appréhender le travail de TBT qui a été réalisé.
 
Durant ces nombreuses années, j’ai avancé presque seul, avec en toile de fond et moteur de mes actions l’amour de mes deux sœurs. C’est précisément cet amour qui m’a permis d’être ce que je suis devenu et ce que je suis en devenir.
 
Bref, il m’a fallu de nombreuses années pour me décider à entreprendre un travail psychothérapeutique sur le suicide de ma maman ; car c’était bien cela l’élément traumatique le plus pénible.
 
Ainsi, au terme d’un travail personnel profond, de multiples stratagèmes, d’une interminable quête de connaissance et de besoin de comprendre,  je me sentais prêt à lever le voile et à permettre à certains événements d’accéder à ma conscience afin qu'ils perdent leur pouvoir perturbateur, le tout encadré et cadré.
Et c’est aussi pour cela que j’ai attendu si longtemps pour entreprendre cette thérapie, par crainte de perturber mes mécanismes de défense particulier qui m’avaient évité de mettre en péril un équilibre physique et psychique tout en m’autorisant à me (re)construire.
 
La TBT, par l’expertise d’Amélie, a ainsi contribué à un double travail, prenant la forme d'une constante interaction entre moi et l'objet de mes souffrances, se manifestant par l'alternance des processus d'assimilation et d'accommodation :
D’une part, elle a permis par son protocole (hypnose conversationnelle, techniques d’imagerie symbolique, changements cognitifs et sensoriels, questionnement systématique, implication active du patient, …) de développer les protections dissociatives [favorisées par un Etat Modifié de Conscience (volontaire et induit avec le concours du thérapeute)] pour m’amener à me désensibiliser progressivement (et j’ai beaucoup apprécié le fait que Amélie respecte ma propre vitesse de travail) versant ainsi vers une « digestion » (relative) des événements traumatiques. C’est ce que nous avons travaillé au cabinet.
D’autre part,  d’induire une activation (ou réactivation) de souvenirs (réels ou imaginaires ? Je ne le sais) qui étaient enkystés, tout en favorisant l'assimilation et l'intégration des éléments constructifs initiés (préalablement en cabinet) par un EMC dans un certain état de « confort ». Ces réactivations se sont produites en dehors du travail au cabinet,  avec un travail en boucle s’autoalimentant (désensibilisation et retour du refoulé [qui nécessitera à son tour probablement ?] une désensibilisation). Ces déséquilibres ont engendrés des rééquilibrations, c'est-à-dire des réorganisations plus ou moins importantes des schèmes ou structures antérieurement construits et m’ont permis une adaptation croissante aux objets qui ont fait trauma.
 
Je suis passé ainsi d'un niveau d'équilibre à un autre (qui lui est supérieur) et ma perceptions des événements en a été modifiée jusqu’à en autoriser leur acceptation dans l’ici et maintenant, conscient que je n’ai pas d’emprise sur le passé.
 
J’étais en proie à une énorme culpabilité par rapport au suicide de ma maman, cette émotion était ancrée depuis 27 ans et, aujourd’hui, j’ai compris et accepté de ne pas en être coupable et de pouvoir en parler.
 
Notre travail s’est achevé le 24 juin 2015, soit au terme de 12 séances.
 
         Je remercie chaleureusement Amélie Simon de m’avoir accompagné dans ce travail, de m’avoir appris à m’apprêter une zone refuge et de m’avoir guidé à activer des Etats Modifiés de Conscience (EMC) m’autorisant à gérer des événements du passé.
 
Merci Amélie pour ce travail de Sherpa, merci pour m’avoir suivi dans les ornières et de m’en avoir extirpé lorsque c’était nécessaire tout en me permettant l’appropriation de mon rôle de cocher.
 
Merci pour ta vivacité d’esprit, ta générosité humaine et ton approche à la fois scientifique et pragmatique et dans laquelle tu veilles constamment à nous laisser acteur de notre vie.
 
Merci de m’avoir appris à apprendre.
 
        J’ose souhaiter que les témoignages de patients ayant bénéficié de séances de TBT, chez Amélie Simon ou d’autres praticiens reconnus et agréés par son école, permettront à des personnes en souffrance de se mobiliser pour sortir de leurs vieux schémas.
 
                                                                                                             Peeter.
Thérapeute: Amélie Simon.